COMPTE RENDU DU CSE TotalEnergies - Plateforme Normandie Séance du 26 février 2026
1. Ouverture de séance
La séance s’ouvre sur une demande de réalisation de travaux concernant les infiltrations par les toits des différents ensachages des secteurs Plastiques. Cette situation dangereuse, marquée par la présence d’équipements électriques expose les salariés à un Danger Grave. Face à l’importance du problème, les élus proposent la création d’une commission d’enquête dédiée, « Intégrité de la structure Ensachage ». Cette démarche est jugée nécessaire afin d’analyser précisément les causes des infiltrations, d’identifier les risques et de définir les mesures urgentes à mettre en oeuvre. L’ensemble des élus approuve à l’unanimité la mise en place de cette commission d’enquête.
2. Évènements HSE – Janvier 2026
La direction présente la liste des évènements HSE du mois de janvier. Les élus FO expriment une forte interrogation sur la méthode de classification utilisée car elle se limite aux seuls évènements Tier 1 et Tie 2. Selon eux, cette approche ne reflète pas la réalité du terrain, notamment au regard des remontées effectuées lors des visites PCI. FO considère que plusieurs incidents significatifs ne sont pas communiqués au CSE, entraînant une information partielle ou orientée. Notre syndicat estime qu’il s’agit d’une volonté de minimiser l’ampleur des évènements, en les classant hors statistique ou en les excluant du processus de suivi. Les élus demandent donc une information complète, transparente et fidèle à la situation réelle.
3. Nomination du Dr André, Médecin du travail : Remise d’avis
Concernant la nomination du Dr André en qualité de médecin du travail, le syndicat FO indique prendre acte de cette proposition, en soulignant que le renforcement du service médical est indispensable au regard des expositions spécifiques du site. FO rappelle cependant qu’il ne dispose pas des compétences permettant d’évaluer les qualifications professionnelles du praticien. Pour cette raison, et uniquement celle-ci, FO choisit de s’abstenir lors de la consultation. FO insiste sur la nécessité d’assurer un suivi médical rigoureux et adapté, mais considère que l’analyse de la compétence médicale relève d’un autre cadre.
4. Projet de mise en place de drone autonome de surveillance
La direction présente ensuite le projet de mise en place d’un drone autonome destins à renforcer la surveillance du site. FO émet un avis défavorable, considérant que ce dispositif pourrait remettre en question la pérennité des postes de gardiennage et entraîner à terme une réduction des effectifs comme lors de la mise en place des caméras périphériques. Notre syndicat souligne également que de nombreuses questions essentielles, tant
techniques que réglementaires, n’ont pas reçu de réponse. Les élus pointent notamment l’absence d’informations sur la gestion des images, leur stockage, les droits associés, ainsi que sur les protocoles opérationnels envisagés. Faute d’éléments précis et de garanties suffisantes, l’ensemble du CSE se prononce de manière défavorable sur ce projet.
5. Projet LRAF 4.0 (ex-TMEX 4.0)
La direction présente le projet LRAF 4.0, dont l’objectif est de moderniser intégralement le système de conduite, devenu obsolète, du secteur. Les évolutions techniques annoncées (objectif 1) sont majeures, puisqu’elles englobent une refonte applicative complète, l’installation de nouveaux matériels, l’arrivée de stations de travail modernes, de grands écrans ainsi que la modification des pupitres de servitude. Les équipes devront être formées pour assurer la prise en main de ces nouveaux outils, et la phase de transition devra se faire sous double fonctionnement des systèmes, ce qui représentera une charge de travail supplémentaire.
En parallèle, la direction propose d’ouvrir une concertation sur l’organisation future du secteur (objectif 2), incluant une réflexion sur les fiches de poste, la flexibilité et le fonctionnement global. Les organisations syndicales rappellent qu’aucune co-construction n’est possible tant qu’une procédure d’information-consultation n’a pas été ouverte. Elles se réfèrent à l’expérience des dossiers précédents, soulignant que les négociations passées issues des concertations n’ont abouti qu’à de simples notes de service en lieu et place d’accords et que certains dispositifs imposés par la direction se sont révélés inadaptés. Les élus estiment que la modernisation technique pourrait servir de prétexte à une réorganisation du secteur TMEX. Ils demandent que les échanges se limitent pour l’instant aux aspects techniques (Objectif 1) et que les discussions portant sur l’organisation du travail (Objectif 2) ne s’ouvrent que lorsque la direction présentera un projet concret. La direction prend note, sans modifier sa position. Dossier à suivre…
6. REX Grand Arrêt 2025 (Pétrochimie)
La présentation du REX du grand arrêt ne convainc pas les élus, qui estiment que les réponses apportées sont incomplètes, imprécises et relèvent davantage d’un discours formel que d’un retour d’expérience opérationnel. Considérant qu’il est impossible de poursuivre la séance dans ces conditions, les élus demandent l’arrêt immédiat de la présentation. Ils exigent que l’ensemble des éléments du REX soit d’abord déposé dans la BDES afin que les élus puissent en prendre connaissance dans son intégralité.
7. Expertise RPS – Décision du CSE
Les représentants du personnel rappellent la multiplication préoccupante des signalements de mal-être au travail, de tensions organisationnelles et d’atteintes aux conditions de travail. Ils soulignent que ces alertes touchent toutes les filières et tous les niveaux hiérarchiques, et qu’elles surviennent dans un contexte marqué par une politique disciplinaire renforcée, de réductions d’effectifs et d'injonctions contradictoires susceptibles d’affecter la sécurité des salariés et des installations. La direction reconnaît
l’existence d’un climat social dégradé, sans avoir toutefois déployé un plan d’action structuré.
Face à ce constat, le CSE décide de recourir à une expertise indépendante portant sur l’ensemble des risques psychosociaux du site, conformément à l’article L.2315-94 du Code du Travail. Le CSE attend de cette expertise une analyse complète des facteurs contribuant aux RPS, ainsi qu’une évaluation précise des collectifs exposés, des pratiques managériales et des dispositifs actuels de prévention. Le délai de réalisation est fixé à quatre mois, et le secrétaire du CSE est mandaté pour prendre toutes les dispositions nécessaires à la mise en oeuvre de la mission et pour représenter le CSE en cas de procédure administrative ou judiciaire.
8. Motion CSE – Durée du travail et rôle de l’Inspection du travail
Les élus souhaitent rectifier les informations diffusées par certains responsables du site concernant les échanges avec l’Inspection du travail. Ils rappellent qu’aucune amende n’a été émise et que l’Inspection a simplement demandé un retour au fonctionnement légal, la limitation des régularisations tardives et la transmission systématique des demandes de dépassement horaire. L’Inspection du travail souligne par ailleurs que la multiplication des dépassements constitue un indicateur d’effectifs insuffisants, en particulier lors des grands arrêts.
Le CSE considère que la direction déplace la variable d’ajustement vers les salariés, au lieu de résoudre le problème structurel des effectifs. La motion réaffirme ainsi trois exigences : l’abandon immédiat des menaces adressées aux équipes, le recrutement d’effectifs et la garantie d’un effectif minimum de sept salaries par poste dans tous les secteurs postés.
9. Ressources humaines
Le CSE procède à la remise d’avis sur le dépassement d’horaires du mois de janvier 2026. Notre syndicat annonce qu’il ne participera pas au vote sur ce point car nous ne savons pas ce que nous validons ou pas.
10. Situation du Vapocraqueur – Fatigue et effectifs
Les organisations syndicales interrogent la direction sur la situation particulièrement préoccupante du secteur Vapocraqueur, récemment passé en régime 12 heures pour 3 postes. Les élus rappellent que deux salariés ont été retirés du poste pour fatigue extrême dont l’un est en arrêt maladie depuis plus de quinze jours. Ils demandent des explications sur la gestion des absences, sur l’impact opérationnel pour les équipes, sur le respect des repos et sur les niveaux de fatigue observés.
La direction se borne à ne présenter qu’une liste des dépassements d’horaires pour le mois de décembre 25. Aucun document nous est présenté sur les difficultés de remplacements concernant janvier et février. Elle évoque néanmoins des renforts arrivés en fin d’année, des habilitations à venir et un intérimaire encore en recrutement. Les élus contestent fermement cette réponse, rappelant que la fatigue avait déjà été identifiée comme critique lors de la réunion avec l’Inspection du travail, et que l’accélération de certaines formations
illustre le manque d’effectifs. Ils réaffirment la nécessité d’un suivi humain réel et non d’un simple tableau d’heures. La direction indique qu’elle « précisera ce qu’elle pourra le mois prochain ».
11. Notes RH – Divers
Les élus reviennent enfin sur la note relative aux dépassements de la durée du travail, qu’ils jugent insuffisamment claire. Ils demandent également des ajustements urgents concernant le mémo lié à la pose des congés dans le cadre du Grand Arrêt 2026, celui-ci ayant été communiqué tardivement, alors que les plannings étaient déjà verrouillés. Les organisations syndicales attendent une présentation complète de ces notes et des réponses à leurs demandes d’éclaircissement.


